02/03/2005
- Echos des séances
Position
de CNIL sur la prospection par courrier électronique
dans le cadre professionnel
Se prononçant sur l’interprétation
à donner à la loi pour la confiance dans
l’économie numérique, la CNIL a
estimé, lors de sa séance du 17 février
2005, que des personnes physiques peuvent être
prospectées par courrier électronique
à leur adresse électronique professionnelle
sans leur consentement préalable, si le message
leur est envoyé au titre de la fonction qu’elles
exercent dans l’organisme privé ou public
qui leur a attribué cette adresse.
La
loi du 21 juin 2004 pour la confiance dans l’économie
numérique (article L 34-5 du code des postes
et télécommunications) interdit la prospection
commerciale par courrier électronique «
utilisant les coordonnées d’une personne
physique » si cette personne physique n’a
pas exprimé son consentement préalable
à recevoir des messages de cette nature.
Une interprétation littérale de la loi
conduit à considérer que cette règle
du consentement préalable s’applique aux
adresses professionnelles nominatives du type nom.prenom@nomdelasociété.fr
. Il est donc interdit par exemple d’envoyer un
message commercial à un cadre chargé des
achats au sein d’une société sans
avoir son accord préalable, sauf si son adresse
électronique ne révèle pas son
identité comme dans service-achats@nomdelasociété
. Telle a été jusqu’à présent
la position de la CNIL qui est chargée de la
protection des données nominatives de personnes
physiques.
Ayant engagé avec les professionnels du marketing
direct une concertation pour décliner dans des
codes de déontologie les modalités pratiques
de la loi sur la confiance dans l’économie
numérique, la CNIL a décidé de
revoir cette position, au cours de sa séance
du 17 février 2005. Elle considère que
l’esprit de la loi du 21 juin 2004 est de protéger
la vie privée des consommateurs personnes physiques
et non de freiner les échanges électroniques
entre professionnels, la prospection d’entreprise
à entreprise communément appelée
« B to B ».
En conséquence elle estime que des personnes
physiques peuvent être prospectées par
courrier électronique à leur adresse électronique
professionnelle et au titre de la fonction qu’elles
exercent dans l’organisme privé ou public
qui leur a attribué cette adresse, sans leur
accord préalable. L’envoi d’un message
présentant les mérites d’un logiciel
à paul.toto@nomdelasociété , directeur
informatique, sans l’accord préalable de
M. Paul Toto, est acceptable, non l’envoi d’un
message vantant le charme du tourisme aux Caraïbes
en hiver.
Dernière
modification : 25/03/05
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